samedi 17 mai 2008

Jour 32 : Venise la Sérénissime...






























































































































































































































































































































































































































Mercredi 14 mai 2008

Première vraie journée à Venise. Temps superbe.

Après une courte exploration du quartier, on trouve ce qui deviendra notre «spot officiel» pour déjeuner en cette ville : Bar Verde, où le cappucino et les pâtisseries aux pommes sont à la hauteur.

Dès nos premières minutes de promenade, on commence déjà à prendre pas mal de photos... Chaque canal, chaque nouvelle ruelle est une occasion de plus de voir la lumière jouer avec les couleurs et les textures. Venise est un véritable paradis pour l'aquarelliste car ces murs délavés, juxtaposés à ceux de couleur solide, ces murs où la brique est exposée par plaques lorsque le crépis est abîmé, ces fenêtres ornées de fer forgé sous lesquelles la peinture prend une teinte rousse, tout cela colle à merveille aux particularités du médium, à la façon de se comporter des pigments. Touche d'eau, mélange de couleurs de terres et de pigments artificiels, tout suggère ici l'usage de l'aquarelle pour capter le visuel vénitien. Encore plus qu'hier, ça me démange de sortir cahier, crayons, pinceaux et couleurs! Mais on a autre chose à faire...

Nous prenons ensuite le vaporetto (quel beau mot...) pour aller voir le marché du Rialto, tout près du pont du même nom, le pont le plus photographié à Venise. J'ai même chez moi un casse-tête 1000 morceaux qui le représente dans toute sa splendeur, c'est dire! Le marché bat son plein, mais les poissonniers commencent, eux, à remballer leurs affaires. Plusieurs n'ont d'ailleurs plus grand chose à vendre. Les étals des maraîchers, comme toujours, sont un délice pour l'oeil.

Nos pas nous amènent vers le campanile de la Piazza San Marco et sa basilique; tout aussi beau de jour que de soir, mystère en moins... On prend le temps de faire quelques belles photos mais on se réserve la visite de la basilique pour une journée plus grise. Après un dîner au resto chinois du coin (vraiment très bon, et ça fait changement!) nous repartons vers un autre quartier de Venise, le Dorsoduro. Prendre le vaporetto est vraiment très plaisant, et plus ou moins rapide selon la ligne empruntée : la numéro 1, très touristique, arrête partout et est d'une lenteur agréable lorsqu'on est pas pressé.

Rendus à la Galleria dell'Accademia, on débarque sur la terre ferme pour explorer les dédales de petites rues jusqu'au quai Zattere; en face, de l'autre côté du canal, se trouve l'île de Giudecca. Retour vers l'intérieur du Dorsoduro pour prendre un apéro typiquement vénitien au Caffè Rosso, piazza Santa Margherita : un spritz-Apérol, qui est un drink léger fait à partir de vin blanc, eau gazeuse et Apérol, une boisson semblable au Campari mais en moins amer (moi je dis que c'est pour les nénettes qui ne sont pas capables de boire «la vraie affaire»...;)). Mais vraiment TOUT LE MONDE boit ça, ou comme moi, la version avec Campari.

Arrivés à la célèbre église Santa Maria Gloriosa dei Frari, il est déjà un peu tard pour les visites, mais quelle chance, nous croisons le bedeau (enfin nous croyons que c'était lui) à la porte, et il nous fait signe d'entrer avec un geste. Nous sommes complètement seuls dans cette immense église magnifique et la contemplons à loisir : le tombeau de Canova pour Titien, le monument funéraire du doge Pesaro, le tryptique de La Vierge entourée de Saints de Bellini... C'est grandiose et le silence qui nous enveloppe fait de cette visite un moment unique, très solennel. D'autres gens arrivent, mais le bedeau nous met tous à la porte. C'est parfait pour nous, on a eu le temps de tout voir; il y avait entre autres un Titien (L'Assomption) qui valait le coup d'oeil.

On repart vers Campo San Polo où on rencontre un super bulldog de BD qui se met à paniquer façon très BD quand un gamin fait éclater des pétards à mèche près de lui. J'ai bien ri de lui voir la gueule...

Retour à l'appart, on profite des commodités pour se concocter une bonne petite bouffe : entrée asperges parmesan et vinaigre balsamique/huile d'olive sur lit de roquette, pâtes sauce tomates cerises, pancetta, oignon et aubergines. Excellent, je dois le dire... et tout ça arrosé d'un vin affreux! Un lambrusco rouge PÉTILLANT! Non mais quelle horreur... J'avais des souvenirs de Baby Duck en tête... Et dire que ce vin m'a été conseillé et vendu par un homme d'une enoteca convenable! Ouach!


P.S. Bonne fête, Mélisse la Malice!

Jour 31 : De Florence a Venise









































































































Mardi 13 mai 2008

AM : Matin de bagages et de déplacement : nous quittons Florence pour Venise.

Assise au café de la gare, je songe à ces 5 jours passés à Florence et j'essaie d'en faire le bilan. Au risque d'en froisser ou d'en décevoir plusieurs, je me dois d'être franche : Florence n'a pas été à la hauteur de ce que j'en attendais, basé sur les commentaires reçus de voyageurs ou encore des guides lus sur la ville avant le départ. Je m'étais toujours imaginé que lorsqu'on place dans la même phrase, d'un même souffle, les noms de Paris, Londres, Rome, Amsterdam et Florence, ça signifiait une parenté dans l'aspect général et/ou culturel, qu'une égalité dans l'importance était sous-entendue. Et bien non. Florence, «muséalement» parlant, est plutôt le parent pauvre (pas autant que Sienne, mais...) de cette panoplie de grandes villes à voir. Pour moi, la ville est jolie, élégante, mais manque de caractère, de personnalité, d'unicité. Pas d'urbanisme à la Haussman pour faire ressortir l'architecture. Et à part le David de Michel-Ange et les Botticelli, toutes des oeuvres qui valaient à elles seules, je dois le dire, le déplacement (surtout David), il n'y a que peu de chefs-d'oeuvre qui ont transcendé les époques. Surtout, il n'y a que du Florentin, et du vieux Florentin. Ça donne une impression de repli sur soi, à la rigueur de nombrilisme. Une sensation d'immobilisme aussi, comme de regarder une photo, toujours la même, et d'en voir les coins se racornir, le blanc jaunir, mais de n'avoir rien de nouveau à regarder. Je crois aussi que d'avoir visité Paris, Londres et Rome avant des villes comme Sienne et Florence n'aide pas à la cause. La barre devient très haute, comme dit Marie-Clôde. Et bien que je ne veuille pas faire de comparaison du tout, il n'en demeure pas moins que mon esprit, lui, reçoit et analyse tout en fonction des expériences passées. Je ne boude pas mon plaisir, au contraire, les gourmandes passionnées comme moi n'ont pas cette attitude; ma capacité d'émerveillement est très grande. Mais bon...

J'ai une forte impression de déjà vu du temps où je travaillais chez Oglivy, à Montréal; on ne peut plus snob comme magasin sur Ste-Cath. Plusieurs boutiques sur neuf étages, dont les fameux Versace, Valentino, etc. Lorsque les vendeuses de chez Valentino venaient me voir pour que j'emballe leurs articles pour des clients (on était juste avant Noël et c'était ça ma job, faire des paquets cadeaux), elles avaient toujours cette attitude de reines précieuses, comme si la boutique Valentino leur appartenaient, ou qu'elles avaient une part de responsabilité dans la création des articles de designer qu'elles vendaient, alors qu'elles n'étaient que de simples employées. Et même si tu es payée plus chez Oglivy qu'ailleurs, même si tu travailles à la commission à vendre des trucs vachement cher, c'est quand même pas toi qui les as créés. Bien c'est à ces vendeuses-là que je compare les Florentins : ils semblent prendre le crédit pour tout le merveilleux de leur ville, alors que leur contribution est inexistante. Nulle. Voilà ce qui m'a agacée profondément de cette ville. Fin du bitchage.

PM : Arrivée à Venise.

WOW!!! Quel choc après la froide et austère élégance de Florence! Venise, dès les premières minutes, m'a hypnotisée : les sons, la lumière, les couleurs, tout y est étrange et différent. Les sons d'abord : le clapotis constant de l'eau, un son juteux qui me rappelle mes heures de bonheur en kayak, l'absence de moteurs d'autos ou de camions, que des moteurs de bateaux au ronron apaisant. Puis la lumière, qui provient du soleil et ensuite se réflète dans l'eau, éclairant les palais et autres édifices de lumière chatoyante et liquide, jouant doucement sur les couleurs des crépis, me donnant envie de saisir mes pinceaux et mon aquarelle pour capter toute cette beauté. Et l'architecture! Un mélange de baroque, bysantin, renaissance, gothique, néo-classique, des formes originales, une sensualité extraordinaire dans les courbes, un festin pour les yeux! Honnêtement, je ne m'attendais pas à tant de beauté, j'en suis soufflée, absolument renversée. Rien ne ressemble à Venise, pas même d'autres villes à canaux, telle Bruges, par exemple. Rien à voir. J'ai hâte d'explorer la ville!

Une balade en vaporetto d'une demi-heure nous amène jusqu'au ponton de San Zaccharia, notre arrêt. Après quelques minutes à chercher la bonne rue Querini, on arrive à l'appartement où nous sommes accueillis par Sophie Franza, une Française qui vit ici depuis 12 ans et travaille pour l'agence Destination Loc'Appart. On fait le tour du proprio, c'est génial, on paye la balance et on reçoit nos clés. Bel espace, moderne et nouvellement refait, mais il garde les caractéristiques anciennes : poutres apparentes, mur de briques, toit en pente. On s'installe et ensuite on va se promener un brin. Que c'est charmant... Les rues, que dire les ruelles sont petites et tortueuses, pleines de surprises à chaque tournant, et ces ponts et ces canaux partout! Les restos sont invitants, l'odeur alléchante, la lumière chaude et intime. Notre coin est formidable.

On débouche tout à coup sur Piazza San Marco, la fameuse Place Saint-Marc, dans une pénombre naissante... Que tout cela est beau! Un espace magnifique, s'ouvrant sur la lagune, ornée d'un beau campanile, des bâtiments superbes, des colonnades élégantes, des statues majestueuses et bien sûr, une basilique unique au monde. Je suis pâmée...

Souper au resto All'Acciughetta : pâtes saumon frais et crème fraîche, et Pinot Grigio. Dodo dans notre petit nid douillet à 11h, à moitié morts de fatigue, mais heureux.

Photo 1 : le fameux Ca' d'Oro
Photo 2 : Immense sculture moderne pour une expo temporaire dans un palais le long du Grand canal
Photos 3, 4 et 5 : vues de la fenêtre de notre appartement
Photo 6 : le campanile de la Piazza San Marco, avec la pleine lune en prime (non mais dans le romantique, c'est dur à battre, la pleine lune à Venise! Tout planifié bien sur...;))
Photo 7 : orchestre devant le célèbre Caffè Florian
Photo 8 : basilique San Marco



Jour 30 : Retour à San Gimignano!










































Lundi 12 mai 2008

Aujourd'hui, excursion à San Gimignano avec Yves-Pascal pour qu'il puisse lui aussi goûter à ce morceau de paradis.

Le temps est gris mais il ne pleut pas. La ville est plutot calme, davantage que lors de mon séjour d'une semaine : pas de jours fériés cette fois-ci! À notre arrivée nous allons déjeuner à «mon» petit café de la via San Matteo - où le proprio est le sosie de Sylvain Dancause - puis nous allons nous brancher internet un peu. On se balade un peu partout, on va voir mon ancien appart, boire quelques verres de Vernaccia sur la terrasse du Musée (un pour Y-P, deux pour moi), on marche le long des remparts, on fait du shopping : des objets en bois d'olivier et en albâtre. On arrête pour dîner au Bettola del Griglio 2 : le serveur a l'air un peu surpris de me voir accompagnée! Bruschettas tomates fraîches/ail et champignons, et un verre de Rosso de Montalcino pour moi, pizza margherita pour mon chum.

On prend le chemin du retour vers 17h, en soupirant de bonheur d'avoir passé, au sec, une autre belle journée dans ce lieu magnifique qu'est San Gimignano.

Soir : souper au Santo Spirito, le resto du premier soir à Florence, le seul ouvert et pas bondé en ce lundi...

p.s. Bonne fête, Nathalie Forgues!

Jour 29 : NO PICTURES!!! NO PICTURES!!!




































































Dimanche 11 mai 2008

Aujourd'hui nous avons rendez-vous avec le David de Michel-Ange à 14h30 à la Galleria dell'Accademia, ce qui nous laisse l'avant-midi pour visiter le Musée de zoologie. Et malgré l'état défraîchi de certaines collections, il est toujours intéressant pour deux maniaques d'animaux comme nous de voir des spécimens naturalisés allant du ouistiti au rhinocéros, en passant par les tapirs, tamanoirs, armadillos, lémurs, fennec, ours polaires, rennes, diable de Tasmanie, tortue géante, et j'en passe...

On se fait ensuite un peu de shopping. Yves-Pascal se magasine une voiture, il hésite encore entre la rouge et la blanche... il trouvait la multicolore un peu trop féminine. Quant à moi, je n'ai même pas craqué devant les étalages de cuir sous toutes ses formes : bourses, sacs, valises,... oh si, je me suis acheté un porte-clés : ça prend moins de place dans les bagages... Dîner rapide puis balade jusqu'à l'Académie.

NO PICTURES!!! NO PICTURES!!! Crié sur tous les tons mais décliné en une seule langue... Agressant, vraiment pas très accueillant...

Mais quelle splendeur... Voir le David de Michel-Ange et mourir (pas mal plus que Naples, en tout cas)... On dit de cette statue qu'elle est le plus bel ouvrage sculpté au monde; c'est pour ma part une des plus belles oeuvres que j'ai eu la chance de contempler dans mon parcours muséale et artistique, un top 5. Nous sommes demeurés de très longues minutes en présence de ce géant de 5,5 tonnes, et 5.17 mètres de haut. Perfection dans le geste, la posture, l'expression. Aahhhh... la photo en est une de la carte postale que j'ai achetée...

La balance du musée est pâle en comparaison. Du reste, 3 salles étaient fermées pour restauration et les autres regroupaient uniquement des oeuvres d'artistes florentins des 14e et 15e siècles, donc beaucoup de retables, scènes saintes, annonciations (de Gabriel à Marie), dépositions (descente de la Croix du corps inanimé de Jésus). Beau, mais redondant. On reste sur sa faim, quoi. Un sentiment fréquent par ici, dans les musées.

Pour souper, on opte pour un repas à emporter, alla Mangiatoia, une gentille gargotte où l'on cuisine de bons petits plats façon mama italienne : délicieuse fricassée de saucisses et pommes de terre, épinards, asperges,carottes, artichauts, et rôti de porc. Mmmm...