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Mercredi 21 mai 2008Je me réveille en sursaut, vers 6h15 du mat, en me rendant compte que le bateau ne bouge plus. Je me lève en quatrième vitesse, je vais voir dehors, tout plein de gens sont sur le bord de la porte, prêts à sortir! Je vais faire ma valise en cinquième vitesse, je ressors, ne vois plus personne, déjà tous partis, et je demande à un employé «Où sommes-nous?», et il me répond : «Stromboli». Ouf! Moi je vais à Lipari pour aujourd'hui, et c'est dans 4 arrêts, donc j'en ai jusqu'à midi à peu près... Je peux relaxer... Quel bel avant-midi! Il fait beau, la mer est plutôt calme, et le reste du trajet est merveilleux de beauté : après Stromboli, très intimidant avec son volcan impressionnant (aïe, je monte ça dans 3 jours...), on s'est arrêté à Panarea, puis Salina, puis Vulcano, et enfin Lipari. J'ai pris des photos, j'ai même vu 3 ou 4 dauphins! Et j'étais la seule à les avoir vus, je me suis exclamée mais personne n'a compris... Wow... Arrivée à Lipari, petite marche relax jusqu'au bureau d'infos touristiques, pour les cartes et les horaires de bateau, puis petite marche jusqu'à ma résidence... dont les heures d'ouverture sont de 8 à midi et de 16h à 20h... et il est midi 35... Zut. Mais le B&B a une espèce de cours intérieure magnifique, avec meubles de jardins en rotin et plantes exotiques, désert, tranquille, je l'ai à moi toute seule pour l'après-midi. Je suis allée me chercher une couple de focaccia en face, une grosse bouteille d'eau, et là j'étais en business! J'ai relaxé en tout confort, en lisant un Kathy Reichs jusqu'à l'arrivée de la femme qui tient la réception, en retard, à 16h20. Bel hôtel - résidence - B&B - j'ai même une superbe minicuisinette. C'est beau, grand, propre, neuf, archi confortable, salle de bain impecc, je suis aux anges. Et tout ça pour seulement 48 euros la nuit... Je resterais ici une semaine! Avant d'arriver au truc internet (pas loin du tout), je me suis promenée un peu : ce que je vois jusqu'à présent est vraiment très chouette, ça fait Capri mais en vrai, en moins snob, en vrai monde, les gens sont sympathiques et souriants, tout simplement. C'est beau, il y a plein de petites ruelles vivantes et pittoresques. Je termine ma première journée à Lipari en allant souper dans un resto réputé de la marina, Il Pescatore, dont les spécialités sont, on l'aura deviné, les fruits de mer et les poissons. J'y ai mangé une entrée de moules au citron et vin blanc, suivie de capellotini (petits chapeaux genre ravioli ronds) de poisson et crustacés et ensuite des calmars frits. Un vin blanc de Sicile accompagne agréablement le tout : je lève mon verre à Nat Demers, dont c'est l'anniversaire! Excellent repas, excellent service.





Mardi 20 mai 2008 : quelle journée...
En partant de Venise, la flotte, mais pas à peu près. Une chance que j'avais un bon imper et une version mini-abri tempo pour la valise. Arrivée à Piazzale Roma par bateau, grève des transports! Pas d'autobus pour l'aéroport! Il y en avait une deuxième sorte, mais il fallait acheter les billets à 100 mètres de là, la pluie battante, 10 minutes pour tout faire... finalement, je me suis accoquinée avec un couple parlant français pour prendre le taxi, l'homme de la France, la femme une expat québécoise de St-Hyacinthe, et un autre homme, d'affaires italien celui-là, nous a supplié de le prendre avec nous, il allait à un endroit avant l'aéroport et proposait de payer toute la course jusque là et plus pour le léger détour. On était au chaud, à l'abri, ça a été super rapide et ça m'a coûté seulement 11 euros, pas mal car l'autre autobus devait en coûter minimum 7.
Très bon dîner à l'aéroport Marco Polo, dont les rénos sont presque terminées et qui est en train de devenir vraiment hot! J'ai mangé du rôti de veau et des pommes de terre avec une belle salade, de l'eau. J'ai subit un léger retard pour mon vol, un 10 minutes seulement, puis une arrivée à Naples tout en douceur, avec un bus pour le port qui m'attendait à la porte. Pour l'instant, il faisait beau...
...mais ça s'est gâché une fois rendue au terminal des bateaux de croisière. J'ai eu juste le temps de rentrer, puis il s'est mis à venter, puis pleuvoir. Une chance que je me suis renseignée, mon bateau avait changé de nom et de terminal : j'aurais cherché longtemps le Gianni Morace directement en face car c'est en fait le Lauranna que j'ai pris, à 200 mètres de là, une distance que j'ai dû franchir à la pluie battante!
Une fois rendue sur le bateau, pas pire, je n'étais pas trop mouillée à cause de l'imper, du parapluie et de l'abri tempo. Là, fais la file pour avoir ma chambre : numéro 115, pas loin. Une cabine tout ce qu'il y a de plus sommaire, mais propre et lit très confortable. Il y avait même toilette et douche.
Je m'installe puis vais faire le tour du bateau, qui quitte le port vers 8h25 : petit bar, sympa, où je prends un Campari-soda et des chips. Puis je me dis tiens, pourquoi pas une bière, que j'ai le temps de déboucher et de boire une couple de gorgées avant que le bateau ne se mette à tanguer et rouler assez vigoureusement... J'ai regardé dehors, la mer était vraiment mauvaise, des vagues comme je n'en ai pas vues souvent... Inutile de dire que j'ai arrêté de consommer net, et je suis allée m'étendre, espérant que j'allais me sentir mieux... Une chance, que je me disais, c'est un gros bateau...
En fait, ça allait de mal en pis, je prenais de grandes respirations mais rien n'y faisait, j'avais des genres de brûlements d'estomac et vaguement mal au coeur (méchant jeu de mots!). Puis je me suis souvenue que j'avais des Gravol avec moi; j'en prends une, chose que je n'ai pas faite depuis ma tendre enfance, et encore... en espérant, le doute dans l'âme, que ça fonctionne.
Et comment que ça a bien fonctionné : plus aucun malaise au bout d'une vingtaine de minutes, enfin je pense, car j'ai perdu la carte et me suis endormie. Je me suis réveillée à peu près aux 2 heures, pour me rendormir aussitôt, bercée par les vagues. J'ai dormi comme un bébé...






















Lundi 19 mai 2008
Nous nous levons très tôt car nous devons être à l'aéroport à 8h30. Bonheur, il ne pleut pas malgré un ciel menaçant. Nous prenons le bateau au Rialto puis l'autobus qui se rend en à peine 30 minutes à l'aéroport Marco Polo. Ça me rassure de voir que le trajet se fait aussi bien, car demain c'est mon tour : je volerai entre Venise et Naples-les-poubelles-sur-mer.
Les au revoir sont ce qu'ils sont, on s'en passerait toujours... Mais les nôtres ne sont pas larmoyants; il nous est arrivé si souvent de se dire au revoir («à tantôt») dans une gare ou un aéroport... Et ni l'un ni l'autre nous ne sommes du type qui s'ennuit. N'empêche, ça me fait tout drôle de ne plus avoir mon homme à mes côtés. Mais le beat de «vagabonde en vacances» reprend vite le dessus.
Contre toute attente (on annonçait de la chnoutte), il fait super beau aujourd'hui, ce qui me décide à prendre le bateau pour aller visiter Burano, la petite soeur de Murano, une île de pêcheurs et de dentellières.
Toutefois, avant cette excursion d'après-midi, je vais visiter une église qui m'intéresse parce qu'elle est située sur une île appelée Giudecca, en face de Venise proprement dite. Un canal très large sépare les deux rives. La chiesa San Giorgio est dotée d'un beau campanile qui offre, paraît-il, une vue magnifique car elle est située directement en face de la Piazza San Marco et le palais des Doges. Effectivement, la visite en vaut le coût : du sommet du campanile, le regard sur Venise est tout à fait différent, l'angle de vision englobant la ville de belle façon.
Après une pause lunch/sandwich, je m'embarque à bord du San Andrea pour une heure à voguer doucement sur la lagune ensoleillée. Point d'intérêt à mi-chemin : les autorités ont mis de l'avant le méga-chantier de construction de digues hydroliques, un projet gigantesque du style jamais vu; ces digues serviront à freiner les eaux en cas de crues exceptionnelles, une menace qui pèse toujours sur la Sérénissime.
Puis c'est l'arrivée à Burano, charmante petite île proprette et toute colorée, où chaque maison a sa propre couleur et doit être repeinturée telle quelle à chaque printemps, sous peine d'amende! La balade sous le soleil révèle un kaléïdoscope de couleurs vives et pastel, et les juxtapositions parfois inusitées donnent des effets visuels intéressants. À l'opposé de Venise, toute en nuances aquarelle, Burano est un tableau naïf de teintes solides, un genre de look «peinture à numéros». Agréable à l'oeil, cependant!
Pas grand chose à faire à part prendre des photos, et je ne suis pas restée assez longtemps pour dessiner ou peindre, malgré que j'avais tout mon stock avec moi. Je suis partie avec le bateau de 13h30, arrivée là-bas à 14h30, et départ de Burano à 16h30. Ironie du sort, c'est à Burano que j'ai acheté mon seul souvenir de verre de Burano, un joli pendentif.
De retour à Venise, je m'offre un dernier souper au chinois (vraiment très bon, et pas cher...) avant d'aller boucler mes valises.









Dimanche 18 mai 2008Dernière journée de mon chum à Venise et dans ce voyage avec moi. Il pleut à boire debout, mais nous décidons d'en profiter quand même. Après une simili grasse matinée, nous allons faire un peu d'internet, histoire que j''essaie de rattraper mon retard (!!!). Puis c'est le resto chinois qui nous accueille, ce verbe étant ici employé vraiment à la légère car en ce dimanche, la mama-marâtre chinoise est à la barre et veille au grain avec rudesse et précipitation.Par la suite, on se décide pour la Galleria dell'Accademia : musée assez intéressant, probablement l'un des meilleurs que j'ai visité jusqu'à présent. Plusieurs oeuvres magnifiques de grands artistes tel que Titien, Tintoret, Véronèse, Bellini. Le plus impressionnant fut sans doute le cycle de Ste-Ursule, peint par Carpaccio en une dizaine de tableaux gigantesques très narratifs et riches en éléments historiques. Qui est Ste-Ursule? Une princesse bretonne qui a accepté d'épouser le prince d'Angleterre à condition que celui-ci se convertisse à la religion catholique et se fasse baptiser à Rome. Une histoire qui finit mal, dans le massacre de centaines d'innocents et la mort en martyre de la dite Ursule.Retour à l'appart en bateau, un peu d'internet - une journée de pluie, c'est parfait pour ça - puis 2 super pizze «take-out» pour souper, un dernier tête-à-tête en amoureux à Venise. L'une au salami piquant, sauce piquante et poivrons rouge et jaune, et l'autre au prosciutto, artichauts et champignons. Délicieux!
P.S. La plupart des photos que vous voyez pour aujourd'hui ont été prises à la fin de la journée, au moment où le ciel s'éclaircissait. Les 4 premières photos sont des vues prises de la fenêtre de l'appartement.